17.12.2007

Le manteau

ad4b38333f02ad8019743715c571b409.jpg- Je me suis acheté un manteau, ouais ! Un beau manteau ! Ah, quand je l'ai vu en vitrine exactement celui que je voulais, vous pensez ! depuis le temps que j’en rêvais. Une coupe, une qualité de tissus et à la mode en plus. J’ai tout de suite demandé à ma mère de me l’offrir pour mes dix huit ans.

- T’est pas fou ! Qu'elle m'a dit. T’as vu le prix ? et en plus t’est en pleine croissance dans un an tu pourras plus le mettre.

Comme elle voulait pas, je me suis dit je vais me le payer. J’ai fait des jardins, ramassé des patates, porté des cageots, au bout de deux mois j’avais économisé assez pour me le payer.

- J’en ai plus, qu’y m’as dit le vendeur. Je viens de vendre le dernier et maintenant c’est la collection été, j’en aurai plus.

Devinez qui as acheté le dernier, je vous le donne en mille, mon copain Jean Pierre Ah ! Fallait le voir le Jean Pierre, comment il se la pétait avec mon manteau. Quand on sortait en boite Les filles lui disaient.

- Oh Jean Pierre c’est trop cool avec ton long manteau tu ressemble à Clint Eastwod.

Ouais et moi avec mon vieil imper mastic je ressemblais à qui ? À Colombo ? Remarquez Jean Pierre il est pas vache, il m’as dit " tu vois ! on est comme des frères et un jour mon manteau y sera pour toi " C’est une tradition dans sa famille ils se refilent les vêtements de frère en frère. C’était pas gagné dans sa famille y sont cinq frères et Jean Pierre c’est le plus vieux, alors forcément le temps a passé.
Tout ça jusqu’à Il y a une dizaine d’année sur une brocante, j’ai retrouvé mon manteau.

- C’est un collector m’a dit la dame, un vrai manteau des années soixante-dix, le top pour se déguiser en hippies, je peux pas vous le lâcher à moins de cent francs.

Cent francs c’est une somme, quand on est au RMI. J’ai du renoncer, le temps a passé encore et puis hier ! au rayon fripes des chiffonnier de la joie, qu’est ce que je vois, mon manteau ! Deux euros, j’ai même pas marchandé, je l’ai acheté. Attendez je vais vous le montrer. Hé ! Vous avez vu, comme y me va bien ?
Ben, vous voyez dans tout ça il y a une morale. Si vous avez des rêves, que vous y croyez dur comme fer et que vous êtes un peu patient et bien, un jour il deviennent réalité.

Au fait ! est ce que je vous ai dit que j’ai toujours rêvé d’avoir une cinq cent quatre Peugeot ? Non ? Et bien ça y est, je l’ai !